Pourquoi consulter un comportementaliste en prévention?


Il peut sembler légitime de se poser cette question. Car après tout, pourquoi consulter alors qu’on ne rencontre aucun problème avec son chat?


Et pourtant…


Dans mon métier, j’interviens le plus souvent lorsque le chat présente des comportements dits gênants: il urine hors de sa litière, il miaule la nuit, il détruit les meubles, il mord ou griffe, il attaque ses congénères… C’est à ce moment-là, parfois rapidement, mais parfois quand ces problématiques sont installées depuis longtemps, ancrées, que l’on fait appel à moi pour que je répare, que je résolve. Pour que tout redevienne comme avant.


Mais si ce «avant» était justement le bon moment pour consulter? Pour s’assurer que le chat va aussi bien qu’il en a l’air. Que ses besoins sont véritablement comblés. Qu’il ne subit pas, de façon invisible, différentes sources de stress qui, petit à petit, s’accumulent. Jusqu’au jour où…


Lorsque le chat adopte des comportements dérangeants, c’est que, d’une certaine façon, les choses sont déjà allées trop loin pour lui. Flexibles, adaptables, certains chats peuvent longtemps donner l’illusion qu’ils tolèrent un environnement matériel ou relationnel qui ne leur convient pas. Si on ne s’attache qu’à la surface, si on ne voit pas au-delà de ce que l’on sait lire de notre chat, on ne voit pas la jauge émotionnelle se remplir, on ne perçoit pas ces changements imperceptibles qui révélaient pourtant parfois un mal-être latent, naissant.


Et lorsque la jauge déborde, au point que l’invisible devienne visible, on ne comprend pas, on se sent désemparé. On cherche des solutions, on teste des astuces, on tente d’appliquer des conseils trouvés de-ci, de-là, on se fatigue, on s’use, on désespère. Et là, quand tout semble perdu, on se résout, en dernier recours, à se tourner vers un comportementaliste félin.


Et alors que les choses auraient été bien plus faciles en amont, le travail est plus lourd, plus exigeant. Il faut tout analyser, tout revoir et œuvrer longuement à désamorcer une situation qui, dans bien des cas, aurait pu être évitée.


Vous comprendrez donc pourquoi la prévention me tient particulièrement à cœur. Anticiper, c’est épargner, au chat comme à l’humain, des chemins éprouvants.


Comprendre son chat et savoir ce dont il a besoin ne sont pas des compétences innées, et les mauvaises informations sont malheureusement légion en la matière. Consulter un professionnel en prévention, s’assurer auprès de lui que vous avez toutes les clés, est le moyen le plus sûr de construire une relation saine et équilibrée avec votre chat. Et d’avancer, ensemble, dans la bonne direction.