DEBUNK'CAT #2 : il faut prendre son chat par la peau du cou pour l'éduquer


Dans cette rubrique, moi, Opie, je «debunke» (démystifie, en français) les nombreuses idées reçues qui circulent encore un peu partout sur mon espèce.


Aujourd’hui, j’ai choisi d’aborder un concept très répandu qui consiste à nous prendre par la peau du cou pour nous faire comprendre qu’on a eu un «mauvais» comportement. Ce conseil repose notamment sur l’idée erronée qui voudrait que notre mère procède ainsi pour nous éduquer.


Or, quand notre mère nous porte par la nuque, c’est uniquement pour nous ramener vers le nid ou pour nous déplacer, en cas de danger par exemple – il ne s’agit donc jamais d’une punition. Il faut savoir par ailleurs qu’à cet âge-là, nous ne pesons que quelques dizaines ou centaines de grammes: le fait de nous porter n’a donc pas du tout le même impact que quand on atteint plusieurs kilos (bon, même si moi, j’ai la ligne ).


Le rôle de notre mère dans notre éducation repose en fait essentiellement sur son statut de modèle. C’est par l’observation et l’imitation que nous apprenons à nous comporter… comme un chat! Auprès de notre mère et de notre fratrie, nous acquérons par ailleurs les auto-contrôles (aussi appelés inhibition des morsures-griffures), qui nous permettront plus tard d’interagir correctement avec nos congénères. Si nous y allons un peu trop fort lors de nos séances de jeu, notre mère peut ainsi parfois être amenée à nous immobiliser ou à nous mordre doucement en retour. Mais en aucun cas elle ne nous prendra par la peau du cou, voire nous secouera, comme on l’entend parfois, pour nous «faire la leçon».


Vous l’aurez compris, porter un chat par la peau du cou ne repose donc sur aucune réalité éthologique, et n’est pas du tout conseillé. En dehors du fait que cet acte n’a aucune vertu éducative, et qu’il peut être traumatisant et douloureux (aïe!), il pourra même avoir un effet contre-productif en augmentant notre stress ou en altérant la confiance et la relation qu’on entretient avec notre humain, qu’on pourrait être amené à craindre, à fuir… ou pire encore!