La cohabitation chat-chien


Saviez-vous que j’avais également suivi une formation complète d’éducateur-comportementaliste canin?


Le fait d’avoir étudié en détail le comportement du chien, ses besoins spécifiques, sa communication, représente un atout dans le cadre de ma pratique. Ayant abordé en formation toutes les problématiques que les humains peuvent rencontrer avec leur chien, y compris celles liées à la cohabitation chien-chat, je peux ainsi porter un regard complet et pertinent dans les cas de relations compliquées entre ces deux espèces très différentes.


L’élément majeur qui différencie les chiens et les chats est d’abord lié à leur nature même : le chat est en effet une espèce plutôt solitaire, tandis que le chien est lui une espèce sociale.

Leurs codes de communication sont ainsi sensiblement différents, et les postures et mimiques de chacun parfois difficilement interprétables par l’autre espèce. Par exemple, alors que la queue qui remue est chez le chat un signe d’inconfort, de nervosité, voire un signal de mise à distance quand elle se balance fortement et claque le sol, chez le chien, ce même geste est le plus souvent un signe de bien-être, d’excitation positive (à interpréter bien sûr comme toujours en fonction du contexte). Cela peut ainsi créer des malentendus qui, à répétition, mènent parfois à des conflits.


Une autre différence essentielle réside dans la perception et l’occupation de l’espace: alors que le chien est un coureur, qui évolue au sol, le chat est par nature un sauteur, qui, lui, perçoit son environnement en trois dimensions. Dans le cadre d’une cohabitation chat-chien, les espaces en hauteur joueront donc un rôle clé pour permettre à chacun de trouver sa place, et offrir au chat des lieux sécurisés pour observer, se reposer, qui sont dans tous les cas pour lui des besoins éthologiques fondamentaux. Rappelons en outre que le chien fait naturellement partie des prédateurs potentiels pour le chat, le réflexe premier de ce dernier en cas de peur sera donc de s’échapper dans des lieux inaccessibles.



Ceci étant dit, une cohabitation entre ces deux espèces est tout à fait possible, et des liens très forts peuvent bien sûr se créer entre chiens et chats – j’en ai d’ailleurs la preuve à la maison ! ;)


Comme pour toute cohabitation, les conditions de développement précoce et le tempérament de chaque individu joueront un rôle déterminant. La familiarisation à l’autre espèce pendant la période juvénile et les expériences positives potentiellement associées favoriseront d’emblée une meilleure adaptation. Un chaton ayant grandi avec des chiens autour de lui dans de bonnes conditions sera en effet plus apte à cohabiter avec un chien, et inversement.


C’est ensuite le protocole de présentation, l’aménagement de l’espace et des ressources et la gestion des interactions qui contribueront à favoriser une bonne cohabitation. Comment introduire au mieux le nouvel animal? Comment éviter tout risque lors des présentations et quand intervenir ou non en tant qu’humain dans leurs échanges? De quelle façon créer des associations positives ? Comment gérer la nourriture et la litière? Comment répartir les ressources? Comment aménager l’espace pour prendre en compte les besoins des deux espèces?


Ce sont toutes ces questions que j’aborde dans le cadre de mes consultations. Comme je le répète souvent, la prévention est là aussi la clé: la cohabitation se passera d’autant mieux si tous ces points ont été abordés en amont de l’introduction du nouvel animal. Néanmoins, pas de panique, il est toujours possible d’intervenir a posteriori! 😊